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Résumé : Conformément à la loi du 3 décembre 2008, le groupe d'experts indépendants livre son analyse annuelle du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) et son avis sur son évolution. Le rapport annuel est destiné à éclairer la Commission nationale de la négociation collective (CNNC) qui se réunit en décembre. L'année 2024-2025 a été marquée par un ralentissement sensible de l'activité économique et des créations d'emplois, dans un contexte de désinflation progressive en zone euro. Malgré ce ralentissement, le marché du travail français a démontré une résilience notable : le taux de chômage n'a que légèrement augmenté et demeure inférieur à son niveau de long terme. L'emploi salarié privé s'est stabilisé après plusieurs années exceptionnellement dynamiques. Dans ce contexte, le Smic a retrouvé une dynamique plus modérée après les revalorisations automatiques dues à la forte inflation de 2021‑2023. La double indexation a toutefois généré une hausse du pouvoir d'achat du Smic en 2024 et devrait à nouveau produire un tel effet en 2025, les salaires supérieurs au Smic progressant en moyenne eux aussi en termes réels pour la deuxième année consécutive. La revalorisation automatique du 1er janvier 2026 pourrait se situer autour de 1,4 % alors que l'inflation devrait être proche de 1 %. Au total, le Smic aura progressé plus vite que les prix en cumul sur les cinq dernières années. En contraste, malgré le dynamisme de la négociation, de nombreux salaires supérieurs au Smic n'ont pas encore récupéré la totalité de leur pouvoir d'achat d'avant la période inflationniste, entraînant une compression significative de la structure salariale. La croissance du Smic, aussi rapide que la moyenne des autres salaires cette année, n'a pas favorisé la décompression de la distribution des salaires, ce que confirment les données issues des accords de branche. Au niveau international, la France se distingue comme l'un des deux seuls pays de l'Union européenne où le salaire minimum dépasse à la fois 60 % du salaire médian (se situant à 62,5 %) et 50 % du salaire moyen (se situant à 50,4 %), seuils indicatifs fixés par la récente directive européenne sur les salaires minimum adéquats. Plusieurs pays ont récemment augmenté leur salaire minimum de façon significative pour se rapprocher de ces seuils sans toutefois parvenir à les atteindre. La position atypique du Smic en France impose toutefois une vigilance particulière, les travaux empiriques internationaux montrant que les risques pour l'emploi des travailleurs peu qualifiés augmentent lorsque le salaire minimum se rapproche très fortement du salaire médian.