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Directeur : Ramel, Frédéric
L'évolution manifeste du traitement politique du phénomène migratoire laisse apparaître qu'immigration et intégration seront des enjeux majeurs dans la future politique mondiale. En effet, l'immigration contemporaine diffère par bien des aspects de celles constatées lors des siècles antérieurs, du fait qu'elle soit de plus en plus visible, "dramatique" et "dysfonctionnelle". Le caractère imprévisible et incontrôlable du phénomène bouleverse aujourd'hui les schèmes traditionnels de l'état westphalien, et nourrit des peurs au sein des sociétés occidentales pouvant être ainsi source de déstabilisation. On assiste alors à un basculement du traitement politique de l'enjeu migratoire dans le champ sécuritaire. Ole Wæver nous aide à comprendre ce processus à travers son concept de "sécuritisation", grâce auquel il explique l'existence actuelle d'un processus discursif conduisant un fait social, comme l'immigration, à devenir un enjeu de "sécurité sociétale". Cependant, cette vision, trop linguistique, nous apparaît insuffisante pour comprendre la mise en pratique d'une telle construction. Ainsi, les outils sociologiques proposés par Pierre Bourdieu, et notamment ses travaux effectués sur le langage et le pouvoir symbolique, nous aident à ne plus considérer la sécuritisation comme un processus purement discursif, mais potentiellement législatif. Une étude à la fois comparative et qualitative des législations sur la naturalisation en Allemagne, aux États-Unis et en France, permet alors d'ouvrir la discussion sur le rôle des lois de naturalisation comme pratique sécuritaire dans le processus de sécuritisation de l'immigration.