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Annexes : bibliographie Résumé : Ce rapport analyse les expériences des « habitats de passage » des jeunes, à partir de deux enquêtes qualitatives, l'une auprès de personnes accompagnées dans le cadre de dispositifs relevant du logement d'abord (conduite à Grenoble et Lyon entre 2019 et 2023), l'autre auprès de travailleurs saisonniers et de jeunes en formation (menée en Ardèche en 2023), qui ont permis d'interroger 51 jeunes. Ces enquêtes et les profils des jeunes interrogés sont présentés dans la partie 1. « Habitats de passage » renvoie ici à des lieux où des personnes dorment pour des durées temporaires, courtes ou longues, déterminées ou indéterminées, et dans lesquels elles n'ont pas vocation à rester lorsqu'elles y arrivent. Le rapport documente la diversité de ces habitats, la variété des durées d'occupation et les « motifs » ou les « cadres » qui en justifient l'occupation. Dans une deuxième partie, ce rapport interroge l'accès à ces habitats, en distinguant trois modalités : demander à un « proche », dans un sens élargi, qui renvoie autant à des connaissances accueillantes qu'à des inconnus solidaires ; se voir proposer un habitat, dans le cadre d'une activité professionnelle, ou par des particuliers et des acteurs institutionnels interpellés par des situations d'habitats précaires et, enfin, dénicher un habitat en explorant des environnements, en s'appuyant sur des expériences passées, en utilisant des outils numériques, en mobilisant des réseaux de connaissances ou en comptant sur des tiers. Dans une troisième partie, ce rapport s'intéresse à la manière dont les jeunes occupent ces « habitats de passage ». En s'arrêtant sur trois dimensions – les aménagements des habitats, les visites reçues et les circulations vers d'autres lieux –, il montre comment les jeunes habitent avec retenue. Cette manière d'être et d'agir peut parfois être difficile à vivre, mais n'est pas toujours jugée problématique par les jeunes interrogés. Elle doit être comprise comme un accommodement à des milieux plus ou moins hospitaliers, qui sont plus ou moins habitables. Cette recherche contribue à documenter une diversité d'expériences à la lisière du marché résidentiel locatif et de l'hébergement social institutionnel. Ce faisant, ce travail enrichit la compréhension des solidarités du proche qui se déploient en dehors d'institutions, d'associations ou de collectifs plus ou moins structurés, et dont la compréhension demeure encore lacunaire. [résumé éditeur]